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Massage prénatal : pourquoi il est essentiel pendant la grossesse

La grossesse est une période de transformations profondes du corps féminin. Au fil des mois, le corps se modifie, s’adapte et accompagne la croissance du bébé : la posture évolue, le dos et le bassin sont davantage sollicités, la respiration et la mobilité peuvent elles aussi changer.

Le massage prénatal peut accompagner ces transformations et aider à soulager certains des maux et inconforts liés à la grossesse.

Pour moi, il ne s’agit pas simplement de s’offrir un moment agréable. C’est un véritable temps pour prendre soin de son corps, ralentir, se reconnecter à ses sensations et retrouver des ressources.

Prendre soin de soi pendant la grossesse, c’est aussi se donner davantage de disponibilité pour vivre pleinement cette période, pour soi, pour son bébé et pour ceux qui nous entourent.

1 - Massage prénatal : soulager les maux et apporter du confort

Quand on pense aux transformations de la grossesse, on pense naturellement au ventre qui s’arrondit. Pourtant, ce n’est pas seulement le ventre qui change : c’est tout le corps qui doit progressivement trouver de nouveaux équilibres.

- Le dos et le bassin

Le dos est souvent l’une des premières zones auxquelles on pense.

À mesure que le ventre prend du volume, la posture se modifie et les muscles du dos peuvent être davantage sollicités pour maintenir l’équilibre. La mobilité du bassin évolue également, notamment sous l’influence des changements hormonaux qui rendent les ligaments plus souples. 

Cela peut se traduire par des tensions lombaires, des douleurs du bassin, des douleurs sacro-iliaques ou sciatiques, ou simplement par cette sensation bien connue d’avoir le dos « chargé » en fin de journée.

- Les jambes et les pieds

Plus la grossesse avance, plus les jambes peuvent elles aussi devenir sollicitées.

Le poids supplémentaire, les modifications de la posture et de la marche, mais aussi l’augmentation du volume sanguin et la pression exercée par l’utérus sur la circulation veineuse peuvent favoriser les sensations de jambes lourdes, de fatigue, de gonflement des chevilles et des pieds ou encore les crampes.

- Les épaules et le haut du dos

On pense moins spontanément à cette zone, et pourtant elle peut être très sollicitée, notamment lorsque la future maman cherche inconsciemment à compenser le poids du ventre ou adopte de nouvelles positions pour dormir, travailler ou simplement se tenir debout. 

Les épaules se crispent. La nuque se tend. La tête devient lourde.

- Les maux de tête et la nuque

Les maux de tête peuvent avoir différentes causes pendant la grossesse : les changements hormonaux, la fatigue, le manque de sommeil, la déshydratation ou encore le stress peuvent notamment intervenir.

Et il me semble important de ne pas séparer complètement le corps du reste de la vie de la future maman.

Quand on travaille, que l’on doit continuer à gérer son quotidien, que l’on prépare l’arrivée du bébé ou que l’on s’occupe déjà d’autres enfants, la charge mentale ne disparaît pas parce qu’on est enceinte. Souvent même elle s'intensifie.

Cette accumulation peut se traduire physiquement par des tensions au niveau de la nuque et du crâne.

- Les bras et les mains

Enfin, il y a des zones auxquelles on pense encore moins : les bras et les mains.

Pourtant, eux aussi peuvent être fatigués. Porter, travailler sur un ordinateur, cuisiner, s'occuper des enfants, conduire, tenir le téléphone… nos mains et nos bras sont sollicités toute la journée.

La grossesse peut en plus favoriser une certaine rétention d’eau. Chez certaines femmes, cela peut entraîner un gonflement des mains et des doigts.

Le massage prénatal n’est évidemment pas magique et ne remplace pas une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire. Mais lorsqu’il est adapté à la grossesse et aux besoins de la future maman, il peut contribuer à soulager temporairement certaines tensions et certains inconforts, tout en apportant une sensation d’apaisement, de légèreté et de bien-être.

 

2 - Toucher et temporalité : revenir à son corps pour ralentir

La grossesse nous rappelle quelque chose que notre société a parfois tendance à oublier : le corps a son propre rythme.

Il faut plusieurs mois pour qu’un bébé se développe. Plusieurs mois pour que le corps de la femme se transforme, s’adapte et accompagne progressivement cette nouvelle vie. C’est une temporalité biologique, faite de transformations progressives, de besoins qui évoluent et de temps d’adaptation.

Mais cette temporalité ne correspond pas toujours à celle dans laquelle nous vivons.

Nous travaillons, nous organisons, nous anticipons, nous courons d’un rendez-vous à l’autre. Lorsque l’on a déjà des enfants, il faut continuer à s’occuper d’eux, gérer les repas, les devoirs, la maison, les imprévus… La grossesse vient alors s’inscrire dans une vie qui, elle, ne s’arrête pas.

C’est ce décalage entre le rythme biologique et le rythme sociétal qui me semble particulièrement intéressant pendant la grossesse.

Ingrid Bayot parle justement de ces temps propres à la maternité et du contraste avec une société qui valorise la rapidité, l’efficacité et la capacité à continuer comme avant. Elle rappelle notamment l’importance de pouvoir se donner du temps lorsque le corps et la parentalité demandent une adaptation profonde.

Et c’est là que le toucher prend tout son sens : le toucher nous ramène au corps.

Une main qui se pose. Un mouvement lent. Une pression douce. Une respiration que l’on recommence à sentir. Une zone du corps à laquelle on prête enfin attention.

Pendant un massage, on quitte momentanément le « faire » pour revenir au « ressentir ».

On n’a rien à organiser, rien à anticiper, rien à produire : on reçoit.

Et c’est justement ce retour aux sensations qui permet de ralentir.

Le massage crée ainsi une petite parenthèse dans laquelle le rythme du corps peut reprendre sa place, même lorsque le reste de la vie continue à avancer.

Et finalement, prendre le temps de ressentir son corps, c’est peut-être déjà une façon de respecter son propre rythme.

3 - Massage et neurosciences : ma conviction

Les connaissances en neurosciences que j’ai acquises à travers mes formations aux méthodes Un point pour demain® et Un après-midi pour demain® viennent aujourd’hui croiser ma façon de voir la périnatalité et l’accompagnement. Elles m’ont notamment amenée à m’intéresser à une notion qui me paraît essentielle : nos ressources.

Au quotidien, nous sollicitons constamment notre cerveau. Nous réfléchissons, anticipons, organisons, prenons des décisions, nous adaptons aux imprévus… Toutes ces activités mobilisent nos ressources. Il est donc évident que nous avons aussi besoin d’activités qui permettent de les régénérer.

Pendant la grossesse, ces besoins sont d’autant plus importants que le corps et l’esprit sont déjà mobilisés par de nombreux changements. Le corps se transforme, les habitudes évoluent, de nouvelles préoccupations apparaissent et le quotidien doit parfois être réorganisé.

Le massage prénatal est une ressource. Une ressource pour le corps, bien sûr, lorsqu’il est sollicité et qu’il a besoin de confort. Mais aussi une ressource pour soi : un rendez-vous régulier pour récupérer, se faire du bien et entretenir ses propres réserves.

Et lorsque l’on retrouve des ressources, on peut naturellement retrouver davantage de disponibilité pour ce qui compte : pour soi, pour son bébé, pour son ou sa partenaire, pour ses enfants et pour son quotidien.

Pour moi, le massage prénatal peut être le premier maillon d’un cercle vertueux qui conduit au bien-être familial : prendre soin de soi, retrouver des ressources, être davantage disponible… et pouvoir à son tour être plus présente pour ceux qui nous entourent.

 

4 - Prendre soin de soi pendant la grossesse : une façon de préparer son post-partum

Pendant la grossesse, la future maman est souvent particulièrement entourée. On prend de ses nouvelles, on lui demande comment elle va, on s’intéresse à son ventre, à son bébé. Elle bénéficie parfois d’une attention particulière qu’elle n’aura plus forcément après la naissance.

Parce qu’une fois que bébé est là, c’est souvent lui qui devient le centre de toutes les attentions.

C’est une réflexion que j’aurai l’occasion de développer dans un autre article, car elle questionne aussi plus largement la place que notre société accorde à la mère pendant le post-partum. Mais je trouve intéressant de commencer à se poser la question avant même la naissance :

Et moi, dans tout ça ?

Pendant la grossesse, s’offrir un massage prénatal peut sembler être une petite chose. Pourtant, cela peut aussi être une façon très concrète de commencer à se dire :

Moi aussi, j’existe.
Moi aussi, mon corps compte.
Moi aussi, j’ai besoin qu’on prenne soin de moi.

Et surtout, je peux aussi prendre soin de moi.

Je peux commencer dès la grossesse à identifier ce qui me fait du bien, ce qui m’aide à récupérer, les personnes sur lesquelles je peux compter et la manière dont j’ai envie d’être entourée après la naissance.

Et c’est peut-être là que le massage prénatal prend tout son sens : un rendez-vous que l’on choisit pour soi, qui permet de prendre soin de son corps, de ralentir, de recevoir et de se rappeler que, derrière la future maman, il y a toujours une femme qui a elle aussi des besoins.

Prendre soin de soi pendant la grossesse, c’est peut-être déjà poser les premiers jalons d’un post-partum où l’on ne s’oublie pas.

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